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Une légèreté incroyable

Une légèreté incroyable

Révolutionnaire, le Sabelt F173 pour la SF90 Stradale est le siège le plus léger jamais fabriqué pour une Ferrari de route. Entièrement Made in Italy.
Texte

Claire Bal

Une automobile révolutionnaire comme la nouvelle Ferrari SF90 Stradale ne pouvait être équipée que d’un siège révolutionnaire. Aboutissement du partenariat entre la Maison de Maranello et Sabelt, ce siège est un nouveau jalon dans l’histoire, qui dure depuis quarante ans, de ces deux entreprises unies par des valeurs telles que la haute technologie, le savoir-faire artisanal, les performances et la quête de l’excellence.

Sabelt, contraction du mot « safety-belt », a été fondée en 1972 près de Turin par les frères Piero e Giorgio Marsiaj. 

Malgré toute la technologie de pointe, la création du siège nécessite toujours un artisanat méticuleux <em>Photo: Alberto Bernasconi</em>
Malgré toute la technologie de pointe, la création du siège nécessite toujours un artisanat méticuleux Photo: Alberto Bernasconi

La marque a pour vocation de construire des ceintures de sécurité ; elle doit cependant sa notoriété internationale à sa spécialisation dans le domaine des voitures de sport et de course notamment en Formule 1 où elle est devenue partenaire de Ferrari. L’entreprise s’est spécialisée dans des applications de niche, comme l’aérospatiale, en proposant des vêtements pour les pilotes et des sièges pour les voitures de sport.

La SF90 Stradale inaugure un nouveau chapitre de cette collaboration. La première hybride rechargeable de série de Maranello est une voiture extrême sur laquelle trois moteurs électriques travaillent de concert avec un V8 de 780 ch, développant sous le capot une puissance incroyable totale de 1 000 ch.

Chaque composant a été conçu pour garantir une qualité à la hauteur de ces performances à la limite pour une voiture de route. Les sièges ne pouvaient pas être en reste.

« Ces derniers mois, nous avons développé avec le Centre de style Ferrari un siège entièrement inédit qui se base sur un principe que je définirais de révolutionnaire, explique Massimiliano Marsiaj, vice-président de Sabelt. Nous nous sommes demandés : qu’est-ce qui est inutile ? Que pouvons-nous éliminer pour économiser du poids ? Nous avons donc façonné le dossier et le coussin en ne laissant que le matériau là où le corps humain s’appuie.

Les points de pression y sont tous, nous avons supprimé le reste ». Le résultat est un siège ne pesant que 16,4 kg, soit 1,5 kg de moins que le modèle précédent. La version à réglage électrique ne pèse quant à elle que 18,4 kg, soit trois kg de moins.

Lorsque on évoque Ferrari, le résultat esthétique se doit d’être, comme à l’accoutumée, à la hauteur du résultat technique. D’ailleurs, le siège Sabelt F173, dont le nom découle de l’abréviation du projet de la SF90 Stradale, révèle un design remarquable. Cinq coussins, appelés pads, sont façonnés à l’intérieur d’une assise en fibre de carbone. L’armature du siège est travaillée de façon à obtenir une texture parfaite sur le dossier et aussi sur les bords que l’opération d’allègement a laissés apparents sur le devant. 

Cinq coussins profilés sont positionnés à l'intérieur de la coque en fibre de carbone <em>Photo: Alberto Bernasconi</em>
Cinq coussins profilés sont positionnés à l'intérieur de la coque en fibre de carbone Photo: Alberto Bernasconi

« Le passage est loin d’être aussi simple », explique M. Marsiaj. « Les sièges traditionnels composés d’une armature en carbone sont plus faciles à produire : la coque dispose d’un seul côté usiné ; l’autre, laissé à l’état brut, est garni de tissu ou de cuir ». La production du nouveau siège est la synthèse parfaite de l’excellence artisanale et de la haute technologie. Un bras robotisé applique avec une précision millimétrique une colle spéciale sur l’assise.

C’est à ce stade que commence la délicate phase de pose des pads : avec une précision chirurgicale, l’opérateur chevronné les juxtapose l’un après l’autre, en commençant par l’appui-tête puis en continuant avec le dossier et l’assise. Une fois cette opération terminée, un système de poids et d’air, conçu pour garantir une pression uniforme entre les pads et la colle, bloque les coussins. La pose dure environ vingt minutes. En fonction du choix du client, les caches esthétiques et la fixation à trois ou quatre ancrages de la ceinture de sécurité sont appliqués immédiatement après. La dernière étape consiste à passer un jet d’air chaud sur la coiffe pour s’assurer que le tissu des pads est parfaitement tendu et qu’il n’a pas subi d’altération durant la pose.

Mettre la touche finale. Le résultat final: un siège qui ne pèse que 16,4 kilos <em>Photo: Alberto Bernasconi</em>
Mettre la touche finale. Le résultat final: un siège qui ne pèse que 16,4 kilos Photo: Alberto Bernasconi

Le siège est également testé en faisant interagir l’homme et la voiture. Les sièges doivent être soumis à 23 tests. Les techniciens testent manuellement chaque mouvement, en vérifiant la vitesse de déclenchement, la fluidité du réglage de l’inclinaison, l’effort requis sur les boutons, la résistance des mécanismes à vide et sous charge. Le bruit est testé en dernier lieu.

En réalité, l’absence de bruit.  Le siège est placé dans une cabine insonorisée appelée GP12, où il est soumis à une batterie de tests pour évaluer le bruit lors des mouvements et du déclenchement, et même le bruit des pads au contact du corps.

« Travailler avec Ferrari est un honneur mais aussi une grande responsabilité : les plus belles automobiles du monde ne tolèrent que des produits d’une excellence irréprochable », déclare Marsiaj avec une pointe de fierté plus que compréhensible.

 

Toutes les photos et vidéos de l'article ci-dessus ont été créées avant les mesures d'urgence face au Covid-19 et les décrets du gouvernement (italien) y afférents.​

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