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Living
11/04/2018

Huit jours sur le toit du monde

La GTC4Lusso T affronte l'Himalaya en grand style

À première vue, le tableau semble familier : un mince ruban de goudron noir s'élève à flanc de montagne comme s'il y était tombé au hasard. L'ascension déborde de virages, serpentant l'une des chaînes de montagnes les plus célèbres et les plus redoutables au monde. Il pourrait très bien s'agir de l'un des grands cols des Alpes, le Stelvio ou le Grand-Saint-Bernard, où la légende des Gran Turismo Ferrari s'est forgée une réputation. Mais ces sommets ne sont pas les Alpes, et cette Ferrari GTC4Lusso T est très loin de sa maison natale en Italie.

 

Nous sommes dans l'Himalaya, au Tibet, et la Ferrari a entrepris un voyage de huit jours et 3 000 km, de Kunming, la capitale de la province du Yunnan dans le sud-ouest de la Chine, à Lhassa, la capitale de la région. C'est une route qui longe l'extrémité sud de la célèbre chaîne de montagnes et borde les frontières de la Chine avec le Myanmar, l'Inde, le Bhoutan et le Népal.

Enzo Ferrari a peut-être prévu beaucoup de choses, mais il n'aurait certainement pas pu prédire qu'un jour l'une de ses voitures de route circulerait librement dans l'une des régions les plus hautes, les plus reculées et les plus spectaculaires de la planète. Le voyage s'est déroulé en hiver, lorsque les températures inférieures à zéro transforment de nuit la pluie abondante en verglas qui reste sur les zones ombragées de la route pendant une bonne partie de la matinée.

 

Et, bien entendu, il y a l'altitude. De Kunming à 1 892 m - déjà plus haute que certains cols des Alpes - la route s'élève régulièrement, restant au-dessus de 4 000 m sur de longs tronçons avant d'arriver à Lhassa à 3 600 m d'altitude. De telles altitudes sont difficiles tant pour la machine que pour le conducteur. Tous les 100 m d'altitude au-dessus du niveau de la mer, un moteur à aspiration naturelle peut perdre un pour cent de ses performances à mesure que la densité de l'air diminue.

Le palais du Potala de 1000 chambres à Lhassa, un site du patrimoine mondial, se dresse à flanc de colline 

Les caractéristiques de la GTC4Lusso T en faisaient le véhicule idéal pour ce voyage. Le moteur V8 de 3,9 litres à turbocompresseur est populaire en Chine, et avec le même réservoir de 91 litres que le modèle V12 et une meilleure efficacité en carburant, il jouit d'une plus grande autonomie, idéale lorsque les stations-service peuvent se faire rares. Le moteur turbo pressurise lui-même l'air en admission, de sorte que l'altitude fait peu de différence par rapport à son énorme puissance de 610 chevaux.

 

Le pilote, Lei Meng, rédacteur en chef de « Car Magazine China », confie que les conversations avec les policiers, les pompistes et les passants qu'il a rencontrés - la plupart n'ayant jamais vu une Ferrari auparavant - ont été l'un des moments forts du voyage. Leur incrédulité à la vision de la voiture de sport la plus emblématique, l'associant à bus et taxis habituels, n'avait d'égal que leur crainte qu'elle n'arrive jusqu'à Lhassa. « À partir de Shangri-La, les gens ont commencé à dire « vous n'y arriverez jamais, » se souvient Meng. « L'employé d'une station-service nous a informé avec insistance que les voitures de sport ne peuvent franchir un tronçon particulier et qu'elles sont systématiquement récupérées par un camion. Nous nous sommes contentés de sourire poliment avant de poursuivre. »

 

Après une randonnée de 3000 km le long des routes de montagne, la GTC4Lusso T prend une pause bien méritée 

Quand Meng a atteint les 72 célèbres virages de la Salouen, avec la classique route de montagne sinueuse et cette vue sur les sommets, il aurait pu s'imaginer, à juste titre, dans la peau d'un industriel italien des années 1960, traversant les Alpes dans sa toute nouvelle Ferrari 250GT Lusso. Mais les voyages en voiture ne se limitent pas à la conduite : l'équipe a aussi pris le temps d'admirer les merveilles de la nature en cours de route. Une nuit, elle s'est arrêtée au glacier de Laigu, d'où - grâce à un ciel parfaitement dégagé - elle est restée stupéfaite, les yeux dirigés vers les cieux.

 

Elle a été récompensée par des routes tout aussi dégagées pour l'approche finale de Lhassa avant de trouver, à son arrivée, un tableau spectaculaire : le Palais du Potala et ses 1 000 salles, une structure de 13 étages construite à flanc de roche, garnie de drapeaux de prière bouddhiste aux couleurs vives. Il ne s'agissait peut-être pas de la grande tournée habituelle, mais elle s'est montrée digne de ce nom.